Ces passages des évangiles qui firent les beaux jours des ricaneurs ! ...

 "Jésus marche sur les eaux " ... " D'un coup de "baguette" magique, il multiplie les pains !" ... "Il se donne à voir alors qu'il n'y a plus rien à voir !" etc.

Longtemps, très longtemps, la confiscation des évangiles tint lieu d'explication !

Laissant libre cours aux fantaisies et autres contorsions de ceux qui s'étaient arrogés le droit d'en parler !

Mais bientôt survint Luther, et pour une tout autre musique : à la grosse caisse, la toute nouvelle imprimerie, et couvrant le pipeau, la traduction du latin lénifiant en langue gutturale ...  

Après moultes péripéties et plus de morts encore, quand le canon eut cessé de tonner, vint le temps du recul, suivi bientôt de la déconstruction, paradoxalement nécessaire sur cet immense champ de ruines !

Puis, de l'eau avait coulé sous les ponts, emmenant les cadavres loin de la vue de ceux qui se prétendaient humains ...

L'heure était désormais aux nouvelles croyances, à la vénération de notre intelligence, au respect dû à la nouvelle science ! ...

Où étaient les théologiens dès lors que la parole des sceptiques fut libérée, adossée à un positivisme dominateur, apparemment libérateur ?

Où étaient-ils lorsque, privés du bûcher dissuasif, il leur fallait répondre aux objections, aux ricanements de ceux qui n'avaient plus rien à craindre de la pernicieuse et criminelle inquisition ?

Où était leur dignité quand, à la majorité, acculés, dos au mur face au grand ressac, ils décidèrent en 1870 de l'infaillibilité pontificale ?

A leur décharge, comment réparer près de quinze siècles d'incurie, d'indigence, de trahisons de Celui qui servait d'alibi au pouvoir temporel de leurs prédécesseurs ?

Par où commencer ?

Peut être par la mise en évidence de la cause principale de notre rejet viscéral de ces "histoires à dormir debout" ! ...

Tout d'abord, qui me dit quoi ?

Quand bien même les théologiens désormais mettraient le doigt sur une évidence, qu'on ne les croirait pas !

Galilée, celui qui repensa utilement la loi de la chute des corps, resta plus discret sur le sort de ceux qu'il entraîna dans la sienne ...

Il est vrai qu'il ne faisait pas bon fanfaronner devant une Eglise d'ores et déjà aux abois !

Pour nous parler de l'incongru, de l'étrange, de ce qui disqualifie notre fameux bon sens, les seuls autorisés sont désormais les scientifiques !

Le Covid a certes porté atteinte à leur réputation d'infaillibilité, mais la critique semble pour l'heure confinée ...

Alors, progressons "scientifiquement" !

Il est un point commun entre ces différents passages qui prêtent à sourire : ils décrivent des évènements qui ne se sont pas produits dans notre monde sensible ...

De notre monde sensible, ainsi appelé car nous nous en faisons une représentation à l'aide de nos cinq sens, reliés à notre cerveau qui décide de ce qui est et de ce qui n'est pas, que savons-nous vraiment ?

Ce que nous savons désormais et que nous ne savions pas il y a peu, c'est que nous n'en savons pas grand chose !

Aussi merveilleux soient-ils, nos sens ne nous en donne qu'une version très limitée et qui plus est, exclusivement extérieure !

Ceci ne devrait-il pas nous inciter à un peu plus de prudence lorsque nous décidons de ce qui est et de ce qui n'est pas ?

Du monde où se sont produits ces évènements "extraordinaires", que savons-nous ?

Parmi ceux qui persistent à penser envers et contre tous que le monde spirituel existe, combien pourraient accepter qu'il n'est pas monolithique ?

Pour cette évaluation, épargnons-nous l'épreuve d'un micro-parvis à la sortie de la messe auprès de ceux qui se disent chrétiens, alors qu'ils ne sont que catholiques ! ...

Il existe en effet un intermonde où l'esprit se donne à voir dans des formes connues du monde sensible !

L'esprit qui se donne à voir dans l'étendue, aurait pu dire Descartes, s'il n'avait tout réduit à deux dimensions ! ...

Et, devons-nous ajouter, selon le degré d'évolution psychique et spirituelle de celui ou celle qui y est admis ...

Nous n'en avons plus connaissance en Occident, mais, à notre décharge, ceux qui depuis des siècles ont décidé de penser pour nous, ont imposé, plus ou moins volontairement, l'omerta à ce sujet ...

Pour ne citer qu'une référence parmi les trop rares et courageux veilleurs, Henri Corbin s'est souvent exprimé sur les causes principales de cette catastrophe ouvrant la voie à la pensée matérialiste, citant notamment les décisions du deuxième Concile de Constantinople et la réduction dualiste de Descartes ! 



La suite dans les tout prochains jours !



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